mardi 20 mars 2012

Another Happy Day (2011)



PRÉCISIONS :
Sam Levinson
États-Unis
2011
1h55
Avec: Ezra Miller, Ellen Barkin, Demi Moore

DE QUOI ÇA PARLE ? :

Lynn part avec deux de ses fils dans la maison de sa mère, où doit avoir lieu le mariage de son fils ainé issu d'un premier mariage. Elle est en mauvais termes avec son ex-mari : celui-ci est parti avec leur fils pour épouser une autre femme tandis qu'il lui laissait le soin de s'occuper de leur fille qu'il a toujours négligée.

Les membres de la famille ont des relations difficiles et ont beaucoup de problèmes : les deux plus jeunes fils de Lynn, issus de son second mariage, sont drogué pour l'un et légèrement autiste pour l'autre, quant à Alice, leur demi-sœur, elle s'est mutilée pendant des années.

Au cours du mariage, cette famille déchirée voit tous ses conflits éclater au grand jour.

SOYONS BREF, SOYONS PRÉCIS :

Un film très réussi, qui étudie en profondeur les relations au sein d'une famille grâce à des acteurs convaincants, dans un faux rythme alliant humour noir et ambiance pesante sur une musique disccète et dramatique.

VRAIMENT ? VOUS VOULEZ DES DÉTAILS ? :

Tix :

Ce film nous présente petit à petit tous les protagonistes de cette histoire. On commence dans la voiture des personnages principaux, on fait connaissance avec cette petite famille (une mère et ses deux fils) qui se rend à un mariage. Tous les acteurs sont très convaincants, et on pourrait même faire une mention spéciale à Ezra Miller (le plus grand des deux fils) tout simplement excellent.


L’histoire se suit bien, au fur et à mesure que se créent ou se reforment les tensions au sein de la famille. On aura tous vécu quelques moments comme ça, des querelles qui ressurgissent, des caractères qui s’opposent, dans une atmosphère pourtant propice à la bonne humeur, en l’occurrence un mariage. Mais de courtes durées chaque fois, ces chicanes sont même encadrées par un certain humour, plutôt noir, et toujours assez juste. Pas fait pour vous faire rire aux larmes, mais détendre l’atmosphère.

Mais cette ambiance se fait plus lourde, on aborde des sujets plus bancals. Et l’humour laisse place à des réflexions bien plus dramatiques, à l’image du jeune, quasiment personnage principal de ce film. On regrettera quand même une impression de surplus, avec toutes ces caractéristiques différentes présentes au même endroit, mais ça ne fera que renforcer les messages transmis et le climat nerveux et turbulent.

Tout cela se déroule donc sur un faux rythme déstabilisant, on se demande parfois si on doit rire ou pleurer. Certaines séquences s’enchainent parfois assez bizarrement, ça me sortait du film quelque fois. Mais globalement, on reste figé aux images, avec certaines scènes absolument sublimes de sincérité, dans leur simplicité et leur profondeur en même temps. On rajoute une musique qui fout le cafard, et c’est parti pour un film qui nous fait déprimer, mais avec talent.

Le film se sera au final surtout penché sur les relations entre membres d’une même famille. Chaque personnage à la quête du bonheur, mais qui semble incapable d’y parvenir autrement que dans la malveillance ou la bêtise. La majorité est assez agaçante, mais tout ça vient bien sûr du talent des interprètes. Pas de coup de folie dans la réalisation, mais un Sam Levinson à suivre tant ce film manie à la perfection les émotions.

UNE PETITE NOTE ? :
... - 4
--> 4/5

UNE SCENE PARTICULIERE ? :

Tix :
La scène qui m’a le plus marqué se trouve vers la fin, il sera donc difficile de ne pas en parler sans rien dévoiler. Mais il y a un effet remarquable qui est cette musique mélancolique alors que les gens à l’image dansent de manière joyeuse. Pendant 3 minutes, ces mouvements euphoriques sur une cadence lente et abattue sont parfaitement à l’image du film et de ce faux rythme.

LE FILM ET NOUS :

Tix :
Je ne savais absolument pas à quoi m’attendre, mais j’avoue y être allé pour un moment de détente, et je pense que c’était aussi le cas pour la plupart de la salle de cinéma, étant donné l'affiche, le titre et l'étiquetage Comédie.. Au final, ce film est suffisamment bon pour que la surprise soit agréable, malgré évidemment un certain mal être en sortant de la salle.

LE FILM ET MONDE :

- Sorties
US: 18 novembre 2011
FR: 1er février 2012

jeudi 15 mars 2012

12 hommes en colère (1957)




PRÉCISIONS
VO: 12 Angry men
Réalisateur: Sidney Lumet
États-Unis
1957
1h35
Avec: Henry Fonda

DE QUOI ÇA PARLE ?

Aux États-Unis, un jury de douze hommes doit statuer, à l'unanimité, sur le sort d'un jeune homme accusé de parricide. S'il est jugé coupable, c'est la mort qui l'attend. Onze jurés le pensent coupable. Seul le douzième, sans être certain de l'innocence de l'accusé, a de sérieux doutes. Il expose fermement ses doutes et les failles de l'enquête et retourne les autres jurés un par un, révélant pour certains leurs préjugés et motivations.

SOYONS BREF, SOYONS PRÉCIS

Une mise en scène impressionante pour un huis-clos étouffant, des personnages particuliers proposés par de très bons acteurs, une atmosphère soignée : une grande réussite pour ce film engagé sur un sujet toujours d'actualité !


VRAIMENT ? VOUS VOULEZ DES DÉTAILS ?

Mickeca :

C’est un soir que je me plonge sur cette oeuvre de Sydney Lumet, un huis-clos policier. Le film présente donc, comme son titre l’indique, douze hommes qui doivent débattre sur une affaire de meurtre, décider si le jeune homme accusé est coupable ou non coupable. Et c’est un film exceptionnel qu’on nous donne le privilège de voir.

Tix :

Ce qui fait la force de se film est sa mise en scène. On est, comme l’a dit Mickdeca, dans un total huis-clos, dès les premiers instants plongés dans cette délibération, sans rien connaître de l’histoire. Et c’est très fort d’être capable de nous faire comprendre l’affaire, sans nous l’expliquer clairement, la révéler à petites doses grâce aux différents points abordés dans le débat. Le pire étant qu’on en ressort au final avec son propre avis, peut-être même différent du jugement final...

Mickdeca :

La mise en scène est donc très bien menée, filmant tour à tour les personnages en alternant avec des scènes où toutes les personnes sont visibles. C’est une mise en scène théâtrale due notamment à l’espace restreint dans lequel vont se succéder dialogue parfois houleux et monologues argumentatifs.

Ainsi le scénario est superbe dans des joutes oratoires souvent incisives et toujours intéressantes et c’est à cela que je dit chapeau, car le scénario n’a aucune faiblesse selon moi, et je dois dire que maintenir quelqu’un attentif pendant 1h35 de dialogue il faut le faire. Le scénario pose beaucoup de question et en particulier celle de la culpabilité et de la peine de mort. Le scénario s’articule entre débat politique, philosophique et social.

Tix :

Le film aborde aussi la notion de responsabilité. Ici celle des jurés, qui n’hésiteront pas à passer sous silence certains éléments afin de prononcer plus vite la sentence, que ce soit pour sortir au plus vite de cette pièce étouffante, rentrer chez soi rejoindre telle personne, etc. Ce n’est pas le cas des 12 jurés heureusement. En particulier avec Henry Fonda, qui semble le seul à comprendre toute l’importance de cette délibération. Et ne va pas hésiter à contredire ses interlocuteur pour leur faire entendre raison.

Comme le prouve d’ailleurs son brusque changement de position à un certain moment, son but n’est pas de rallier les autres à son avis, mais d’organiser un débat, le plus complet possible. Il ne demande qu’à être persuadé du contraire, si les arguments sont à la hauteur ! Mais, comment condamner un homme si le doute est possible une seule seconde ?

Mickdeca :

Les acteurs sont très bons mais le plus important et le meilleur dans le long métrage reste Henry Fonda qui est la pièce maîtresse à cause de sa remise en doute de l’affaire. Son jeu est sans prétention, il contraste beaucoup avec les autres, car il reste calme tout le long et c’est lui qui articule le débat.

Tix :

Tous les personnages sont très intéressants. Si la plupart compose un échantillon plutôt familier de personnalités, il n’en reste pas moins que le tout représente un large aperçu de caractères différents. Un caractère qui les distingue de manière claire, malgré leur nombre. Rajoutez quelques accessoires, un chapeau, un mouchoir, une moustache, des lunettes... et tous ces hommes deviennent uniques et très facilement distinguables. C’est très fort, pour des hommes désignés pendant 1h30 par des numéros !

Mickdeca :

La musique est complètement absente même si je trouve que le silence ou la pluie sont de la musique apparentée vu qu’elle contribue à l’ambiance. Il faut avoir du talent pour savoir manipuler la musique, mais il en faut plus pour jouer avec le silence.

Tix :

Un petit mot sur ces silences, impressionnants d’efficacité. Ils se rajoutent à l’atmosphère suffocante de la pièce, nous fait réfléchir en même temps que les jurés, nous immerge complètement. Car si les hommes à l’écran ne sont que 12, la réflexion se partage également avec les spectateurs, pour un film inoubliable.

Mickdeca :

C’est donc un film exceptionnel, qui malgré l’âge n’a pris aucune ride, le scénario reste moderne et d’actualité. Je le conseille à tous le monde car il fait parti du patrimoine culturel mondial.


NOTE GLOBALE :
4 - 4.5
--> 4.25 / 5

LE FILM ET MONDE

- Sorties :
US : 23 juin 1989
FR : 04 septembre 1957

- Récompenses :
[1957] Festival International du film de Berlin - Ours d'or
[1958] BAFTA Awards - Meilleur acteur étranger

- Nominations :
[1958] Oscars / Academy Awards - Oscar du Meilleur film
[1958] Oscars / Academy Awards - Oscar du Meilleur réalisateur
[1958] Oscars / Academy Awards - Oscar du Meilleur scénario adapté
[1958] BAFTA Awards - Meilleur film

mardi 13 mars 2012

Killing Fields (2011)



PRÉCISIONS :
VO: Texas Killing Fields
Ami Canaan Mann
États-Unis
2011
1h44
Avec: Sam Worthington, Jeffrey Dean Morgan, Chloë Moretz

DE QUOI ÇA PARLE ? :

À Texas City, la police fait face à une série de meurtres, mais les rivalités internes qui minent le service et l’endroit épouvantable où ont été retrouvés les corps – le terrain vague de Killing Fields – compliquent l’enquête. Dans le comté voisin, les inspecteurs Mike Souder et Brian Heigh travaillent sur la disparition d’une jeune fille. Pas de cadavre, aucune piste. Lorsque Anne, une gamine des rues que Brian a prise sous son aile, est portée disparue à son tour, les deux inspecteurs commencent à se dire que la solution se cache peut-être du côté de Killing Fields… 
(allocine.fr)

SOYONS BREF, SOYONS PRÉCIS :

Une jeune réalisation intéressante, qui nous donne l'occasion de voir un bon thriller.

VRAIMENT ? VOUS VOULEZ DES DÉTAILS ? :

Mickdeca :


   Voilà un film qui m’a surpris. Avant de le regarder, j’ai lu le synopsis et je n'ai vu qu'un thriller de plus avec un tueur en série... Mais le petit plus est dans la bande annonce qui nous oblige presque à le regarder avec ce slogan très connu qui assure un public: « inspiré de faits réels ». Je suis donc allé au cinéma malgré la présence de Sam Worthington dans le casting (et oui, je n’aime pas beaucoup cet acteur, désolé pour les fans).

   Le début du film nous plonge directe dans cette histoire de meurtres dans les contrées du Texas. Et, une chose est sûre, on se retrouve bel et bien dans le Texas, on sent la chaleur, l’humidité et la nature. La réalisatrice Ami Canaan Mann, fille du célèbre Michael Mann (Heat pour n'en citer qu’un), a du talent, la preuve en est avec les paysages du  Texas, elle filme avec une subtilité impressionnante, sous fond d’une musique très douce pour souligner l’horreur des lieux. C’est un film qui alterne entre scènes où, il faut bien le dire, il ne se passe pas grand-chose et moments d’action. Mais la mise en scène est telle qu’il en résulte une sorte de symphonie cinématographique. C’est un film beau par les images et dur par le sujet.

   Au-delà du thriller, ce film policier a une dimension dramatique avec l’histoire parallèle de la jeune Chloe Moretz, fille délaissée par sa propre mère qui aime être bien entourée par des monsieurs. La petite m’a beaucoup ému, ce qui fait toujours plaisir au cinéma on y va pour pleurer, rire, avoir des frissons.

  Sinon, l’intrigue policière est assez intéressante même si on est loin d’un Seven ou d’un Usual Suspect.


   Mais le pari du film ne réside pas sur cette intrigue mais sur la personne des policiers, dont Sam Worthington et Jeffrey Dean Morgan sont les représentants. Mention spéciale pour Jeffrey qui est un acteur exceptionnel et qui donne à ce film ses lettres de noblesse, dans un jeu très fin d’un policier de foi catholique remise en cause par les meurtres la violence de notre monde. Quant à Sam Worthington, ce n’est pas ce film qui va me le faire apprécier, il est trop inexpressif, il n’arrive pas à exprimer le drame dans son visage et il reste cantonner au policier contrairement à Dean Morgan.

   Le scenario est bien ficelé, avec des bonnes surprises.

   Et le fait de mélanger drame et thriller rend le film plus buvable, plus humain. Car ces policiers ont des points faibles, ce qui nous rapproche d’eux simples mortels. On peut ainsi faire notre catharsis car un héros trop éloigné des personnes réels ne permet pas l’identification du spectateur et donc le film ne nous traverse pas, il ne nous prend pas aux tripes et c’est donc un pari perdu pour l’équipe du film. Mais ne vous inquiétez pas, ce n’est pas le cas pour ce film.

   C’est un film à voir selon moi que ce soit pour les acteurs (sauf Sam Worthington ☺), pour le scénario mais surtout pour la mise en scène et les images magnifiques d’une grande réalisatrice en devenir. Et surtout, rappelons le, c’est inspiré de faits réels.

UNE PETITE NOTE ? :

3.5 - ...
--> 3.5 / 5

LE FILM ET NOUS :

Mickdeca :
Au cinéma en version originale sous-titrée.

LE FILM ET LE MONDE :

- Sorties :
US : 07 octobre 2011
FR : 28 décembre 2011

- Nominations :
[2011] Mostra de Venise - Lion d'Or
[2011] Mostra de Venise - Prix FIPRESCI
[2011] Mostra de Venise - Grand Prix Spécial du Jury